L'image de Mars au château

L’image de Mars

Ombres et lumières dans la Roseraie

 

Dès l’arrivée du printemps, dans la Citadelle des Princes, il n’y a pas de lumière sans ombre. Dès le crépuscule, dans les salles comme dans le parc, ombres et lumières se disputent l’empire de nos émotions. Elles ont depuis la nuit des temps, noué cette relation fusionnelle qui dans l’histoire aura inspiré tant de peintres. Ici, il a été parti d’éviter les éclairages uniformes. Peut-être parce que comme le disait Jean Jacques Rousseau : « l’ennui naquit un jour de l’uniformité ».

 

À Vallery, les ombres se dérobent sous nos pas et nous fuient quand nous tentons de les rejoindre. Elles sont plus qu’une toile de fond, elles revendiquent leur existence. L’alternance d’ombre et de lumière va ponctuer les paysages nocturnes. Il s’agit ici de préserver les convives dans une pénombre salvatrice et de souligner simplement une statue, un miroir, une peinture, la naissance d’une voûte, une composition florale ou les frondaisons d’une allée cavalière.

 

Dans ce cheminement initiatique dessiné à l’encre de la nuit, alternent ambiguïtés et enchantements. Parfois, ce théâtre d’ombres éveille nos appréhensions. Notamment dans la traversée de la roseraie où seule l’eau véhicule la lumière. Ailleurs, il se plaît à allonger jusqu’à la démesure des perspectives incertaines. Ici, un faisceau étroit tombe des charpentes comme une lumière divine qui vient ressusciter une statue et en éclabousse le marbre. Là, des leds dissimulées dans les bosquets effleurent d’un bleu sombre ces bustes dans leurs niches.

 

Pour magnifier encore ce fabuleux panthéon, vont se succéder les derniers feux du crépuscule, le clair de lune et enfin l’aube naissante. Gloire donc à ces ombres, car sans elles point de lumière, point de vie…